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Mon travail a fait l'objet de quelques publications...

 


In Prima

Sur Alta Frequenza, 30 min d'échanges avec l'écrivain Anouk Langaney sur mon travail de biographe
A écouter en podcast, ici :
Émissions 1, 2 et 3

et mes activités d'écriture
A écouter en podcast, ici :
Émissions 4 et 5


Du côté de chez soi

Dans l'émission "Du côté de chez soi", consacré au "Temps qui passe", Sophie Bober m'a interviewée et m'a demandé quel regard mes narrateurs portaient sur leur vie, lorsqu'ils faisaient retour sur eux-mêmes.


Biographe de famille :
un métier oublié mais bien vivant

Saber Jendoubi, journaliste à RFI, a réalisé un reportage sur le métier de biographe, et m’a interviewée à ce sujet. Le thème de l'émission : Biographe de famille : un métier oublié mais bien vivant


"En contant la vie des autres,
je me sens utile"

Esprit Femme d'octobre 2009

Transient

Les biographes font tout un roman de destins ordinaires

Quotidien « La Croix » du 9 juin 2008

Parce qu’ils veulent laisser une trace ou transmettre les récits d’une famille, de plus en plus de Français ont recours aux services d’un biographe qui transforme leur vie en livre.

Il est assis dans un fauteuil, tenue claire, visage pâle. Ses mains portent encore les traces d’une récente intervention chirurgicale. Il l’attend. Malgré un état de santé précaire, Jacques Cuip a donné rendez-vous à Dominique Giudicelli, sa biographe. À 82 ans, cet ancien commerçant a décidé de faire écrire l’histoire de sa vie. « J’ai d’abord voulu l’écrire moi-même, dit-il d’une voix fatiguée. Mais ce n’est pas si facile de coucher sur le papier ce que l’on a en tête. Lorsque j’ai vu l’annonce de Mme Giudicelli, j’ai pensé qu’elle pourrait m’aider. ».

Assise à ses côtés, Dominique, la quarantaine, écoute en buvant un café. Ancienne chef de projet multimédia dans une entreprise de presse, elle exerce la profession de biographe familial, en indépendante et pour les Éditions Play Bac, depuis plus d’un an. « J’ai toujours adoré qu’on me raconte des histoires, confie cette Corse aux cheveux d’ébène. Je suis aussi très attachée au lien entre les générations, ma grand-mère a beaucoup compté pour moi. Alors, cette nouvelle activité me comble. Je suis heureuse de découvrir des personnes dans le détail de leur existence, dans la finesse de leurs sentiments. Je fais de vraies rencontres qui m’enchantent. »
Dominique a choisi de se lancer au bon moment. Le métier de biographe connaît depuis quelques années un succès grandissant. Dans un monde en mutation, nombreux sont ceux qui ressentent le besoin de témoigner d’une époque et de modes de vie en passe de disparaître. Ils veulent transmettre leur histoire comme un patrimoine.

« J’ai voulu raconter notre émigration, la dureté de la vie »

Aujourd’hui, Dominique rencontre Jacques pour la huitième fois. Le rendez-vous a lieu au domicile de ce dernier, en banlieue parisienne. C’est Françoise, son épouse, qui l’accueille, lui l’attend déjà dans le salon : « Je suis né en France de parents russes émigrés, explique-t-il, le visage grave. Nous étions étrangers et juifs. J’ai voulu raconter notre émigration, la dureté de la vie, l’ostracisme, surtout. Et plus tard, la guerre, l’occupation. Mon frère et mon beau-frère, morts en déportation… » La voix de Jacques se voile. Le vieil homme n’a pas seulement voulu « écrire » ce livre pour les siens. Il sait que son témoignage a aussi une valeur historique. Dominique lui proposera d’ailleurs de soumettre son récit à une maison d’édition bien que les publications soient rarissimes.
Ce jour-là, Jacques évoque l’année 1943, son passage dans une ferme où lui et sa famille ont trouvé refuge ; son amitié avec le fils des fermiers… Ces souvenirs le bouleversent. Mais l’humour n’est jamais loin : « L’épisode le plus hilarant de ma guerre, lance-t-il en esquissant un sourire, c’est le jour où une compagnie d’Allemands à débarqué à la ferme. Je me suis dit : tout ce monde ce n’est quand même pas seulement pour moi ! »
Dominique écoute, sourit, pose des questions. Après une heure d’entretien, elle repartira avec l’enregistrement de leur conversation pour rédiger un nouveau chapitre. « L’important, dit-elle, est de rester fidèle à la personne qui raconte, sa façon de parler, ses expressions. » Une heure d’entretien lui demande quatre heures d’écriture. « Quand ce n’est pas le double, explique-t-elle. J’ai une approche artisanale de ce métier. Je fais du sur-mesure. » Du sur-mesure aussi pour les tarifs : «Chacun selon ses moyens. C’est très important pour moi de pouvoir recueillir la mémoire de tout le monde, y compris des petites gens. Toutes les vies sont intéressantes, il suffit de savoir écouter. » Après la phase d’écriture, Dominique s’occupera de la mise en page – texte et photos – avant de faire imprimer le livre.

Un « cadeau psychologique »

La semaine suivante, notre « gardienne de souvenirs » se rend chez M. Fernandez, un client dont elle a déjà rédigé la biographie. Banlieue parisienne. Quartier résidentiel. Un homme au regard bleu pétillant l’accueille avec un sourire chaleureux. La collaboration avec Dominique – conséquence d’une maladie de la vue qui l’a empêché de mener à bien son projet seul – a donné naissance à un livre de 400 pages dans lequel cet ingénieur à la retraite retrace notamment le début de sa carrière professionnelle.
« Par chance, j’ai eu une vie de voyage, raconte-t il d’une voix enjouée. J’ai eu des postes dans plusieurs pays où je me suis occupé de mines souterraines, à l’ancienne, un peu XIXe siècle. C’était assez pittoresque. » M. Fernandez fait une pause pour servir le café, petit rituel de ces entretiens. Puis, il poursuit : « L’autre sujet du livre c’est ma femme. Elle est décédée d’un cancer. J’ai tenu à raconter sa maladie pour mes enfants qui l’avaient vécue de plus loin. » Ce passionné de musique semble heureux d’avoir « écrit ses mémoires ». Un « cadeau psychologique » fait à ses enfants «pour leur dire des choses gratifiantes qui leur donnent une meilleure assise dans la vie». À l’évidence, il a pris goût à cette forme de collaboration. Aujourd’hui, il souhaiterait poursuivre avec un essai.
 

Paula Pinto-Gomes


Écrivain public, méga-marchés pour micro-entreprises

Seniorscopie, 6 avril 2010

Documentaliste, journaliste, webmaster, éditrice de livres et de CD-rom, Dominique Giudicelli est devenue écrivain public pour se faire l’éditeur des « petites vies et des autres ». Le marché lui semble aujourd’hui sans borne, avec le vieillissement et le besoin de se raconter, de « se publier » qui touche toutes les générations. Il est à la portée de micro-entreprises fonctionnant avec un marketing et une méthodologie rigoureux.

Sept biographies par an

Écrivain public ou écrivain privé ? Même si l’écrivain public met sa compétence à disposition – empathie, écoute, écriture, mise en forme, mise en pages, édition – la locution “écrivain privé” correspond peut-être mieux à un métier en voie de développement rapide.
Dominique Giudicelli, 45 ans, mère de trois enfants, a été documentaliste, journaliste, webmaster, éditrice. Elle a travaillé chez Hachette, chez Gallimard et au groupe Bayard. Elle a suivi des études d’espagnol, passé un DESS de gestion de l’information et un autre de gestion des entreprises culturelles.
Aujourd’hui, elle est écrivain public. Elle produit en moyenne sept biographies par an pour répondre à la commande de clients, le plus souvent parisiens.
Pourquoi ce métier ? Parce qu’il concilie la vie de mère de famille et la liberté d’une profession libérale, “surtout, en raison de ce que je voulais que contienne mon emploi. Je voulais être indépendante, avoir des contacts variés, ne pas sombrer dans la routine, produire de l’écrit utile, raconter la vie des gens, les petites vies qui ne valent pas moins que les grandes vies, et être éditeur.”Aujourd’hui, Dominique Giudicelli est écrivain public. Elle produit en moyenne sept biographies par an pour répondre à la commande de clients, le plus souvent parisiens.

Outils de communication

Aujourd’hui, Dominique vit et travaille dans le XIV ème arrondissement de Paris. Et elle a mis au point plusieurs médias pour recruter sa clientèle. Elle participe au salon de la micro-entreprise qui “m’amène une clientèle à la fois d’aînés mais aussi leurs enfants souhaitant offrir leur biographie à leurs parents. Il ne faut pas oublier non plus qu’un futur créateur d’entreprise est d’abord un homme, une femme, qui a un parcours et souhaite éventuellement le raconter.”
Elle s’est dotée d’un site Internet qui lui attire une clientèle d’aînés parce que la typographie en est claire, ronde comme la bouille de Dominique, accueillante et douce comme son sourire.
Surtout, l’ensemble des informations y est donné avec précision.
Elle dépose par ailleurs des brochures et des fascicules dans les commerces de son quartier et obtient parfois des articles dans les médias. Ils conduiront éventuellement un client potentiel jusqu’à elle.
Elle bénéficie de l’agrément de l’Académie des écrivains publics de France, qui constitue une sorte de réseau, donc un support supplémentaire de visibilité que lui donne aussi l’appartenance à des réseaux d’affaires.

3 000 euros pour cent pages

Un regard sur le site de plusieurs écrivains publics confirme un niveau de tarifs de 2 500 à 3 000 euros pour la rédaction, la mise en pages et l’impression à quelques dizaines d’exemplaires d’un ouvrage de cent pages, incluant des documents personnels.
Cet ouvrage résulte d’une live sex website dizaine de séances d’entretiens d’une heure chacun. Ensuite, le contenu est mis en forme et revu à la séance suivante avec le client.
Dominique Giudicelli évoque un processus de travail qui s’échelonne sur trois à six mois à partir d’une rencontre initiale.
Celle-ci permet d’évaluer la demande et d’établir un devis. “J’évalue avec le client l’étendue du récit qu’il veut et je découpe en tranches d’une heure. On se verra et j’enregistrerai dix heures. Chaque entretien sera suivie de si heures de rédaction.”

Deux générations de clients

Qui sont les clients de Dominique Giudicelli ? Des aînés qui veulent transmettre, mais aussi des boomers qui veulent se délivrer d’un poids. “Les plus âgés sont dans le passage intérgénérationnel. Ils sont nés entre 1920 et 1940. Les plus jeunes ont de 55 à 65 ans. Ils vivent un deuil, un veuvage, une histoire mal emmanchée. Ils veulent être reconnus par autrui dans leur souffrance, la faire connaître publiquement. J’ai eu un jeune chef d’entreprise qui voulait raconter comment il avait pu triompher, au final, d’un concurrent déloyal, mettre noir sur blanc sa success story.”
Les aînés viennent, soit directement, soit par l’intermédiaire de prescripteurs qui peuvent être leurs enfants.”C’est souvent un événement récent qui a servi de déclencheur. Quant au récit de vie, lui, il se développera à partir d’un fait traumatisant ou d’un souvenir. Il déroulera son fil rouge depuis la mémoire de l’enfance.”
Le rôle de l’écrivain ? Noter, consigner, mettre en forme mais aussi entendre ce qui est quasi de l’ordre du non-dit ou d’une émotion induite, “produire du texte à partir d’une matière, l’élaborer, l’enrichir de la qualité d’expression, y ajouter de la profondeur d’analyse, veiller à la justesse de vues et de ton”.

Entre l’auteur, l’éditeur et le thérapeute

Le métier était peu structuré avant 2000. Il connaît aujourd’hui un développement de sa clientèle. Le site de l’AEPF (pas tout à fait à jour) donne, département par département, les coordonnées de ses “agréés”.
A quoi attribuer l’attrait de la confession hors du cabinet de l’analyste ?
“La télévision, la télé-réalité ont institué un besoin de se raconter, de s’exposer. Le rythme de vie, les changements de société, le décalage entre la vie des anciens et la vie aujourd’hui interpelle les plus vieux et les plus jeunes. Et on se demande comment on a fait pour vivre avant le portable !”
Ces orientations correspondent aussi à une spécialisation. Les sites des écrivains publics comportent encore parfois la mention de tarifs pour rédaction de cv, lettres de motivation… La carte de visite de Dominique Giudicelli la présente comme “biographe familiale agréée”. Mais elle évoque aussi l’entreprise. “Son histoire est la valeur immatérielle“.
Bref, le métier devrait encore connaître d’important champs d’extension. La porosité agit entre les désirs, les attentes des individus et les besoins des entreprises et il faut en permanence rappeler l’origine d’un changement à ceux qui ne l’ont pas connue. Affaire de rythme. Il faudra sous peu expliquer les boomers à leurs petits-enfants.
Mais, après les biographies familiales, les biographies d’entreprises et une nouvelle niche pour l’édition déléguée.

Jean-Yves Ruaux