Sœur sans frein : missionnaire en pays Dagara

par Sœur Thérèse P.

Dans toutes les cases, on ne faisait qu’un repas par jour, au coucher du soleil, vers 17 heures. Le repas se composait d’un plat de bouillie de mil pour cinq ou six personnes assises autour. Les hommes mangeaient d’un côté, les femmes et les enfants de l’autre. Chacun prenait, à la main, une boule de bouillie et la trempait dans un plat de sauce soit à base de verdures, soit de beurre de karité, soit de néré, soit d’arachides pilées, mais toujours accompagné de piment dont les Dagari étaient très friands. Quant à la viande (les petits poulets ou les pintades que les femmes élevaient et que les enfants nourrissaient de termites) elle était surtout réservée aux étrangers de passage. J’ai plus d’une fois vu les hommes grimper dans un arbre pour attraper une pintade en nous voyant arriver ! L’accueil et le partage étaient des traditions qui comptaient beaucoup parmi les Dagari. Ils aimaient donner, partager, sans faire étalage de leur générosité. Par plaisir, et comme par instinct. Bien souvent, en rentrant de tournées en vélo – plus tard, lorsque je travaillais avec les femmes des villages –, je trouvais dans mes sacoches des poignées d’arachides, du mil... alors même qu’ils n’en avaient pas assez pour eux. Je disais non, que je ne voulais rien, mais les femmes me donnaient en cachette. Si elles me voyaient tomber de vélo, ce qui arrivait quelquefois, elles m’aidaient à me relever et ne me laissaient pas repartir sans me donner un petit cadeau pour effacer le mauvais souvenir...